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Rapport sur la Politique Monétaire dans l'UMOA - juin 2026

RÉSUMÉ  

L’activité économique mondiale a poursuivi sa progression au cours du premier trimestre 2026, en dépit de l’environnement international peu favorable marqué notamment par des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales liées à la crise au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d’Ormuz. Selon les dernières données disponibles, le taux de croissance du PIB aux États-Unis s’est établi à 2,7%, en glissement annuel, au premier trimestre 2026, après 2,0% le trimestre précédent. En Zone euro, le rythme de progression du PIB est ressorti à 0,8% sur la même période, contre 1,2% un trimestre plus tôt. Dans les pays émergents, l’activité économique est restée dynamique en Chine, avec une hausse de la production de 5,0% au premier trimestre 2026, faisant suite à 4,5% au quatrième trimestre 2025. En Afrique du Sud, le taux de croissance est passé de 0,8% au trimestre précédent à 1,8%. Au niveau de la sous-région ouest-africaine, l’activité économique s’est renforcée au Nigeria et au Ghana, respectivement de 4,3% et 5,8%, après des réalisations de 4,1% et 5,5% au trimestre précédent. 

L’inflation a globalement suivi une tendance haussière au premier trimestre 2026, en ligne avec les répercussions du choc énergétique induit par le conflit au Moyen-Orient. Aux Etats-Unis et dans la Zone euro, le rythme de progression des prix s’est établi respectivement à 3,5% et 2,6% en mars 2026, contre 2,9% et 2,0% en décembre 2025. Dans les économies émergentes, le niveau général des prix en Chine a enregistré une hausse de 1,0%, contre 0,8% en décembre 2025. En revanche, en Afrique du Sud, l’inflation s’est repliée à 3,1%, après 3,6% trois mois plus tôt. Au niveau de la sous-région ouest-africaine, les pressions inflationnistes se sont maintenues au Nigeria (15,4% en mars 2026, contre 15,2% en décembre 2025) et atténuées au Ghana (3,2% en mars 2026 contre 5,4% en décembre 2025). 

Les conditions monétaires et financières internationales au premier trimestre 2026 ont été marquées par une détente des taux d’intérêt à court terme et des tensions sur les taux à long terme dans les économies avancées. Aux États-Unis, le taux d’intérêt interbancaire au jour le jour (Overnight Bank Funding Rate) s’est établi à 3,68% au premier trimestre 2026, en baisse de 22 pdb comparé au trimestre précédent. L’indice de référence sur le marché interbancaire en Zone euro (Euro short-term rate ou €STR) est ressorti à 1,93% en moyenne, inchangé par rapport au trimestre précédent. En revanche, sur les marchés obligataires, les taux à 10 ans aux États-Unis ont progressé de 10,1 pdb au premier trimestre 2026 pour ressortir à 4,19%, dans un contexte de remontée des anticipations d'inflation. Cette évolution reflète également l’augmentation de la prime de risque souverain induite par les incertitudes budgétaires liées à la guerre en Iran. En Zone euro, la politique budgétaire expansionniste menée en Allemagne et les inquiétudes relatives aux finances publiques en France ont entraîné une progression des taux des obligations d’Etat à 10 ans de respectivement 13,4 pdb et 1,4 pdb, les portant à 2,85% et 3,49% au premier trimestre 2026. En Afrique du Sud, les rendements des obligations à 10 ans du Trésor se sont, pour leur part, contractés de 36 pdb pour s’établir à 8,34%. Sur le marché des changes, l’euro s’est raffermi par rapport aux autres principales devises, après une quasi stabilité au quatrième trimestre 2025. 

Sur le marché des matières premières, les cours des produits énergétiques ont augmenté de 25,9% en rythme trimestriel, après un repli de 6,1% le trimestre précédent. Cette évolution reflète essentiellement les tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient, qui ont ravivé les craintes pesant sur l’offre mondiale. Les perturbations des infrastructures pétrolières et la fermeture du détroit d’Ormuz ont contribué à accroître les primes de risque sur les marchés énergétiques. Les prix des produits hors énergie ont également progressé de 4,5%, après une baisse de 1,8% un trimestre plus tôt, en raison essentiellement de l'augmentation des prix des métaux précieux. En revanche, l’indice des prix des matières premières, hors pétrole, exportées par les pays de l'UEMOA, a fléchi de 1,3% au cours du premier trimestre 2026, après une contraction de 0,9% un trimestre plus tôt. Les baisses les plus importantes ont concerné le cacao et le café. 

Au sein de l’UEMOA, l’activité économique est restée dynamique au premier trimestre 2026, le PIB réel ayant progressé de 6,1%, en glissement annuel, après une hausse de 6,5% enregistrée au trimestre précédent. Cette évolution résulte de la bonne orientation de l’activité économique dans l’ensemble des secteurs. 

Le taux d’inflation dans l’Union s’est situé à -0,2%, en glissement annuel, au premier trimestre 2026, après -0,8% le trimestre précédent. Cette dynamique est essentiellement imputable à la hausse des tarifs des divisions “Restaurants et hôtels” (+0,1 pdp) et “Logement” (+0,3 pdp). Elle a été cependant modérée par le recul des tarifs de la division “Produits alimentaires” (-0,6 pdp). Le taux d'inflation sous-jacente, qui retrace l’évolution des prix hors produits frais et énergétiques, s’est établi à 1,3% au cours du trimestre sous revue, après un niveau de 0,1% le trimestre précédent. 

Selon les données des États, la gestion des finances publiques dans l’UEMOA, au cours du premier trimestre 2026, s’est soldée, par un repli du déficit budgétaire global, base engagements, dons compris, qui s’est affiché à 1.563,2 milliards, soit 4,1% du PIB contre 4,3% un an plus tôt ou 1.581,3 milliards. 

Les échanges extérieurs des pays de l’Union se sont traduits par un solde global de la balance des paiements excédentaire de 2.208,6 milliards au premier trimestre 2026, après un surplus de 1.175,1 milliards à la même période de l’année précédente. Cette évolution s’explique principalement par l’amélioration de 1.097,8 milliards du solde de la balance des biens et services, couplée à une hausse des entrées nettes de ressources au titre du compte financier, qui se sont accrues de 36,2% par rapport à leur niveau à la même période de l’année précédente. Le solde du compte des transactions courantes est ressorti excédentaire à 2,2% du PIB, contre un déficit de 0,6% enregistré un an plus tôt, en lien avec l’amélioration des termes de l’échange (+16,0%) et l’accroissement des exportations d’hydrocarbures. 

Sur le marché monétaire, les taux d'intérêt se sont détendus au cours du premier trimestre 2026, en ligne avec l’amélioration de la liquidité bancaire et la baisse des taux directeurs de la Banque Centrale. Le taux d'intérêt moyen pondéré sur le guichet des appels d'offres à une semaine de la BCEAO a baissé de 70 pdb au premier trimestre 2026 pour se situer à 3,96%. Le taux d’intérêt moyen pondéré sur le marché interbancaire, toutes maturités confondues, est ressorti à 4,52% contre 5,11% un trimestre plus tôt. Pour les nouvelles mises en place de crédit, le taux débiteur moyen, hors taxes et charges, s’est réduit à 6,72% au premier trimestre 2026 contre 6,73% le trimestre précédent. 

Sur le marché régional des titres publics, les taux de sortie lors des émissions de titres publics se sont réduits sur la quasi-totalité des maturités, comparés au trimestre précédent. Au niveau des bons, les taux moyens sont ressortis en recul respectivement de 59 pdb et de 39 pdb, au premier trimestre 2026, sur les deux maturités sollicitées, à savoir, celles de 3 mois et 12 mois. Sur le compartiment des obligations, les rendements moyens pondérés se sont inscrits en baisse, ressortant à 7,15% au premier trimestre 2026, après 7,39% le trimestre précédent.  

La situation monétaire à fin mars 2026 est marquée par une progression de la masse monétaire de 18,1%, en glissement annuel, après 17,4% un trimestre plus tôt. Cette évolution s’explique par l’augmentation des actifs extérieurs nets de 9.659,6 milliards, en lien essentiellement avec l’amélioration du solde global des échanges extérieurs, et celle des créances intérieures de 3.053,4 milliards. L’accroissement des créances intérieures résulte de ceux des créances nettes des institutions de dépôt sur les Administrations Publiques Centrales (+1.472,7 milliards ou +5,6%) et des créances sur l’économie (+1.580,7 milliards ou +4,4%).

Sur le marché boursier régional, l'activité s’est renforcée au cours du premier trimestre 2026, avec une augmentation de l’indice global (BRVM Composite) de 19,9%, après celle de 8,1% le trimestre précédent. La capitalisation boursière s’est accrue, en rythme trimestriel, de 11,8%, après une hausse de 5,7% trois mois plus tôt. Cette évolution reflète l’augmentation de la capitalisation du marché des actions (+18,1%) et des obligations (+4,5%). Sur une base annuelle, la capitalisation boursière globale du marché a progressé de 30,1% à fin mars 2026. 

Les perspectives économiques demeurent globalement favorables dans l’Union, avec une croissance attendue à 6,1% en 2026 et à 6,2% en 2027, après 6,6% en 2025. Cette évolution traduit le maintien du dynamisme des industries extractives et manufacturières, des activités commerciales et des services ainsi que les bonnes perspectives de la campagne agricole 2026/2027. Ces prévisions restent toutefois tributaires de l’évolution de la conjoncture internationale et de la situation socio-politique et sécuritaire des pays membres de l’Union ainsi que des effets du changement climatique. 

La gestion des finances publiques serait caractérisée par la poursuite de la baisse du déficit budgétaire global rapporté au PIB de l’Union, qui passerait de 3,3% en 2025 à 3,2% en 2026, puis à 2,9% en 2027. Le repli attendu du déficit public résulterait notamment des effets conjugués de la croissance économique et du renforcement de la mobilisation des recettes fiscales, le taux de pression fiscale devant atteindre 15,8% en 2026 et 16,0% en 2027, contre 15,1% en 2025. Parallèlement, les dépenses totales et les prêts nets, en pourcentage du PIB, devraient rester contenus, s’établissant à 21,8% en 2026 et 21,6% en 2027, après 21,3% en 2025, en lien essentiellement avec la poursuite des efforts de rationalisation des dépenses publiques par les Etats. A l’échelle de l’Union, le taux d’endettement public s’établirait à 62,4% du PIB en 2026 et 60,6% en 2027, contre 63,2% en 2025. 

Les échanges extérieurs de l'UEMOA se solderaient par un excédent en 2026 et 2027 tout comme en 2025. Le solde global de la balance des paiements ressortirait à 1.189,4 milliards en 2026 et 1.483,2 milliards en 2027, après un surplus de 7.027,6 milliards en 2025. Le repli du solde serait en lien avec notamment la dégradation des termes de l’échange qu’induirait la hausse des cours des produits pétroliers, conjuguée à la baisse des prix de certaines matières premières exportées, notamment le cacao. Le déficit du compte des transactions courantes se situerait à 2,4% du PIB en 2026 et 2,8% en 2027, contre 1,3% en 2025. 

La situation monétaire serait caractérisée par une accélération du financement du secteur privé, après le ralentissement observé en 2025. Le rythme de progression des créances sur l’économie se situerait à 7,4% en 2026 et 8,0% en 2027, après 5,6% en 2025

Le taux d’inflation dans l’Union, en moyenne annuelle, devrait revenir dans sa zone cible [1%, 3%], passant de 0,0% en 2025 à 1,6% en 2026 et 2,1% en 2027. Cette prévision intègre notamment l’impact de la crise au Moyen-Orient sur l’évolution des prix de l’énergie dans l’Union et la hausse anticipée des prix alimentaires importés en 2027

La balance des risques entourant les perspectives d’inflation demeure orientée à la hausse, en raison principalement de la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’UEMOA et de l’accentuation des tensions géopolitiques internationales, notamment la crise au Moyen-Orient, à travers ses effets sur les cours des produits pétroliers et alimentaires importés, ainsi que sur les coûts des engrais, du transport et du fret. Néanmoins, cette orientation haussière pourrait être partiellement contenue par un approvisionnement satisfaisant des marchés en produits céréaliers. Elle pourrait également être atténuée par les mesures que prendraient certains États en réponse aux impacts négatifs des tensions au Moyen-Orient.