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Rapport annuel sur la situation de l'Inclusion Financière dans l'UEMOA au titre de l'année 2025

Le présent rapport analyse l’évolution de la situation de l'inclusion financière dans les Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), au cours de l'année 2025. A cet égard, il examine l'évolution des sept indicateurs retenus à cet effet par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces indicateurs évaluent trois dimensions de l'inclusion financière, à savoir "l'accès", "l'utilisation" et la qualité à travers "l'accessibilité-prix". Il s'agit :

  • pour la dimension "accès", du "taux global de pénétration démographique des services financiers (TGPSFd)", qui mesure la proximité des services financiers vis-à-vis des populations et du “taux global de pénétration géographique des services financiers (TGPSFg)", qui évalue le nombre de points de services disponibles sur une superficie de 1 000 km2 ;
  • pour la dimension "utilisation", (i) du "taux de bancarisation strict (TBS)" qui détermine le pourcentage de la population adulte (âgée de 15 ans et plus) détenant un compte dans les banques, les services postaux, les caisses nationales d’épargne et le Trésor, (ii) du "taux de bancarisation élargi (TBE)", qui complète le taux de bancarisation strict par le pourcentage de la population adulte détentrice d'un compte dans les institutions de microfinance et (iii) du "taux global d'utilisation des services financiers (TGUSF)", qui prend en compte, outre le taux de bancarisation élargi, le niveau d’utilisation des services de monnaie électronique ;
  • pour la dimension qualité ou "accessibilité-prix", du "taux d'intérêt nominal des dépôts (TINd)", qui mesure la rémunération de l'épargne au niveau des banques et des institutions de microfinance et du "taux d'intérêt nominal des crédits (TINc)", qui renseigne sur les coûts supportés par les clients pour accéder aux crédits octroyés par les banques et les institutions de microfinance.

Le rapport analyse également l'évolution du niveau global de l'inclusion financière dans l'UEMOA, à travers la progression de l’indice synthétique, calculé en tenant compte des sept indicateurs réunis.

L'examen des indicateurs clés de l'inclusion financière en 2025 laisse apparaître une amélioration du niveau d’accès et d’utilisation des services financiers. En effet, une évolution favorable des infrastructures de distribution et d’acceptation ainsi que du nombre d’utilisateurs a été enregistrée au cours de la période sous revue.

S'agissant de l'accès des populations aux services financiers (c’est-à-dire l'offre), le taux global de pénétration démographique a augmenté de 31 points en 2025 par rapport à 2024, pour se situer à 224 points de services pour 10 000 adultes. Le taux global de pénétration géographique s’est accru de manière plus significative de 93 points, pour se situer à 563 points de services sur 1 000 km2 en 2025 contre 470 points de services sur 1 000 km2 un an auparavant. Cette évolution positive des infrastructures physiques d’accès aux services financiers résulte principalement de l'extension des réseaux de distribution des prestataires de services financiers, notamment des nouveaux émetteurs de monnaie électronique.

Du côté de la demande, l'utilisation des produits et services financiers par les populations s’est renforcée. Le taux de bancarisation strict est passé de 25,2% en 2024 à 26,9% en 2025. De même, le taux de bancarisation élargi est ressorti à 50,6% en 2025 contre 47,4% l'année précédente. Dans cette dynamique, le taux global d'utilisation des services financiers (ou taux d’inclusion financière) a progressé, pour se situer à 76,1% en 2025 contre 73,6% en 2024. Cette évolution du taux d’inclusion financière est principalement portée par l’utilisation des services de monnaie électronique.

Les conditions tarifaires au niveau des services bancaires ont, au cours de l'année 2025, affiché des signaux positifs. En effet, le coût du loyer de l'argent a connu une amélioration, diminuant de 7 points de base pour atteindre 6,69% en 2025, contre 6,76% en 2024. Parallèlement, la rémunération des dépôts effectués par les populations auprès des banques a affiché une tendance favorable, augmentant de 15 points de base pour s'établir à 5,41% en 2025 contre 5,26% en 2024. Ces évolutions favorables augurent de bonnes perspectives pour la mise en place d’un environnement incitatif à l'épargne et au crédit.

Globalement la situation de l'inclusion financière s'est améliorée en 2025 dans l'UEMOA, au regard de l'évolution des indicateurs de suivi. Cette évolution s’est traduite par la progression de l'indice synthétique d'inclusion financière, qui s'est accru de 0,016 point entre 2024 et 2025 pour se situer à 0,616 sur une échelle comprise entre 0 et 1.

Ces performances reflètent les efforts déployés dans l'Union par toutes les parties prenantes pour rendre les services financiers accessibles aux populations. En effet, l’année 2025 a été marquée par plusieurs avancées majeures, notamment l’adoption de la nouvelle stratégie régionale d’inclusion financière 2025-2030 pour renforcer la disponibilité et l’utilisation des services financiers, le lancement de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI) visant à garantir désormais une interconnexion fluide entre tous les acteurs de l’écosystème (banques, institutions de microfinance, émetteurs de monnaie électronique et établissements de paiement) au sein d’une Union monétaire et le déploiement du programme d’éducation financière.

Au niveau des Etats membres de l’Union, l’année a été marquée par plusieurs initiatives de promotion de l’inclusion financière, notamment le renforcement des cadres réglementaires, avec l’adoption de lois portant réglementation de la microfinance, le renforcement des capacités financières des populations et la vulgarisation de l’assurance agricole.