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Balance des paiements et position extérieure globale régionales de l’UEMOA - 2024

RESUME

Les échanges extérieurs de l’Union en 2024 se sont traduits par une réduction significative du déficit du compte des transactions courantes et un regain de dynamisme des entrées nettes de capitaux au titre du compte financier.

Le solde global de la balance des paiements de l’Union est ressorti excédentaire à 3.012,7 milliards en 2024, après un déficit de 3.530,4 milliards en 2023. Le solde déficitaire du compte des transactions courantes s’est réduit de 32,3% pour s’établir à 7.773,7 milliards en 2024. Rapporté au Produit Intérieur Brut (PIB), le déficit courant est ressorti à 5,7% en 2024, après un niveau de 9,4% en 2023. Cette amélioration traduit pour l’essentiel la nette progression du solde de la balance des biens et services de 4.819,4 milliards, dont les effets ont été atténués par le repli de l'excédent des revenus nets de 1.104,6 milliards.

Le déficit de la balance commerciale a diminué de 4.282,1 milliards, en ligne avec la hausse des exportations (+17,5%), dont les effets ont été accentués par la baisse des importations (-2,9%). La vigueur des exportations reflète la mise en production des unités pétrolières au Niger et au Sénégal ainsi que l’accroissement des capacités des unités existantes en Côte d’Ivoire. L’orientation favorable des cours des principaux produits d’exportation de l’Union (or, cacao, café, caoutchouc et noix de cajou) a également contribué au renforcement des recettes d’exportation. Quant au repli des importations, il s’explique essentiellement par l'allègement de la facture pétrolière (-2,4%) et celle des acquisitions de biens intermédiaires et d’équipement (-8,5%).

Le solde structurellement déficitaire de la balance des services s'est réduit de 537,2 milliards (-7,4%) pour ressortir à 6.769,1 milliards en 2024, en raison principalement de la baisse de la facture du fret (-4,2%) et des importations de services spécialisés (-16,1%), liée à la fin des grands projets pétroliers et miniers dans l’UEMOA.

Le déficit du compte de revenu primaire s’est, pour sa part, accru de 40,0%, du fait de la hausse des paiements d'intérêts au titre de la dette publique (+22,7%) et des versements de dividendes (+21,8%).
L’excédent du compte du revenu secondaire a augmenté de 8,3%, suite à la bonne tenue des transferts de fonds reçus des travailleurs migrants (+19,8%), dont les effets ont été modérés par la réduction des appuis budgétaires nets en faveur de l'Administration Publique (-27,4%).

L'excédent du compte de capital s’est établi à 1.293,1 milliards, en contraction de 8,3% par rapport à 2023, en lien avec la baisse des entrées au titre des dons-projets reçus (-21,6%).

En tenant compte des flux au titre du compte de capital, le besoin de financement s’est établi à 6.480,6 milliards en 2024, en diminution de 3.598,1 milliards par rapport à 2023. Ce besoin a été couvert à hauteur de 146,0% par des entrées nettes des capitaux au titre du compte financier, évaluées à 9.062,8 milliards en 2024, après une réalisation de 7.017,4 milliards en 2023, soit une augmentation de 29,1%.

Les flux nets d’investissements directs étrangers (IDE) se sont établis à 4.599,1 milliards en 2024, contre 5.526,0 milliards un an plus tôt, soit une diminution de 16,8%, en rapport principalement avec la fin de l'exécution de grands projets miniers dans l’Union, notamment la construction du pipeline Niger-Bénin, les projets pétroliers (Sangomar) et gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim) au Sénégal, ainsi que les travaux d’extension du champ pétrolier Baleine en Côte d’Ivoire.

S’agissant des flux au titre des investissements de portefeuille, ils ont enregistré des entrées nettes de 2.011,6 milliards en 2024 contre des sorties nettes de 112,4 milliards un an plus tôt, en lien principalement avec les émissions d’euro-obligations par le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal pour un montant total net de 1.983,1 milliards.

Les entrées nettes au titre des autres investissements ont progressé de 52,9%, du fait essentiellement de la réduction de 1.939,2 milliards des sorties nettes de capitaux au titre du secteur privé.
La Position Extérieure Globale Nette (PEGN) régionale s’est détériorée de 1.538,2 milliards pour ressortir à -61.652,1 milliards à fin décembre 2024, contre -60.113,9 milliards à fin décembre 2023,

en lien avec la hausse du stock des engagements (+8.072,5 milliards ou +8,2%), partiellement atténuée par l’augmentation du stock des créances (+6.534,3 milliards ou +17,0%).

Les transactions commerciales intra-communautaires, évaluées sur la base des travaux de la Cellule sous-régionale chargée de la réconciliation des données sur les échanges intra-UEMOA, ont connu une hausse de 2,4% en 2024 pour se situer à 4.248,6 milliards. Cette dynamique s’explique essentiellement par l’accroissement des transactions sur les produits pétroliers et alimentaires. Rapportés aux flux commerciaux totaux de l’Union, les échanges intra-UEMOA se sont situés à 15,0% en 2024, contre 15,5% en 2023.
S'agissant des IDE intra-UEMOA, leur encours est ressorti à 2 835,2 milliards (2,5% du PIB) à fin 2024, contre 3.071,5 milliards (2,5% du PIB) à fin 2023. Le stock d'IDE à fin 2024 est constitué à 80,7% de titres de participation et 19,3% d'instruments de dette.

Quant aux investissements de portefeuille intra-communautaires, ils ont progressé de 2,5%, sous l’effet de l’accentuation de la sollicitation du marché financier régional de la dette par les Etats membres de l’Union pour couvrir leurs besoins de financement.

Les flux nets au titre des autres investissements se sont établis à 1.642,7 milliards à fin 2024 contre 1.698,2 milliards un an plus tôt, en relation notamment avec la baisse des prêts octroyés par la BOAD aux secteurs public et privé dans les Etats membres de l'UEMOA (-3,3%).