L'actualisation de la monographie de la Côte d'Ivoire pour l'exercice 2003 porte sur vingt et une (21) institutions de microfinance qui ont communiqué l'information financière à la BCEAO (En l'absence de données consolidées pour les institutions qui couvrent l'ensemble du territoire, certaines données de 2002 ont été reconduites pour ces structures.).
L'année 2003 a été marquée, en Côte d'Ivoire, par un recul de 0,1% du PIB résultant de la contre-performance des secteurs secondaire et tertiaire. Le taux annuel d'inflation est ressorti à 3,3%, en hausse de 0,2 point par rapport à son niveau de 2002. Au niveau du secteur de la microfinance, à la suite des évènements du 19 septembre 2002, certaines institutions, situées dans la partie nord du pays ont dû interrompre leurs activités. Face à cette situation et dans un contexte économique défavorable, les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) ont pris des mesures internes pour atténuer les effets de la crise. Ils ont opté pour une politique prudente de distribution de crédit en procédant à une révision des conditions d'octroi de prêts. De même, les déplacements des populations, ont conduit à un déclassement en créances en souffrance d'une partie importante des crédits accordés dans la partie nord du territoire du fait des perturbations constatées dans le paiement, à bonne date, des échéances des prêts.
En dépit de ce contexte économique peu favorable, la plupart des indicateurs se sont améliorés. Ainsi, sur la base des données reçues, le secteur enregistre:
- un accroissement de 17,9% du nombre de bénéficiaires ;
- une hausse de 18,3% des ressources internes des institutions due à celle des dépôts (20,3%) ;
- une augmentation de l'encours des crédits de 37,2% ;
- une nette amélioration de la qualité du portefeuille qui se situe à 5,3%, consécutive à une diminution de 76,1% des crédits en souffrance ;
Toutefois, il a été constaté une diminution de 2,6% des placements bancaires et une détérioration de l'exploitation qui s'est traduite par un résultat négatif de 1 232 millions de FCFA en aggravation de 62,9% par rapport à 2002.
En termes de pénétration, 25,0% des familles ivoiriennes recourent aux services offerts par les SFD.
Sur le plan structurel, la Fédération Nationale des Coopératives Epargne et de Crédit (FENACOOPEC) continue de dominer le marché de la microfinance en Côte d'Ivoire. Elle représente à elle seule 88,1% de la clientèle, concentre 91,4% des dépôts et distribue 77,5% des crédits dans le secteur.
En termes d'emplois, il a été recensé 842 salariés travaillant dans le secteur de la microfinance en 2003 contre 888 un an plus tôt, soit une baisse de 5,2%.
Tableau 1 - Evolution des principaux indicateurs
* : Les groupements sont comptés sur une base unitaire. ** : Les SFD pour lesquels le nombre de dépôts ou le montant des dépôts n'est pas disponible, ne sont pas pris en compte dans le calcul de ces moyennes.
En 2003, le PASI, la seule institution de crédit direct en Côte d'Ivoire, n'a pas communiqué ses données.