Réunion du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO - Dakar, le 4 septembre 2013

Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu, le mercredi 4 septembre 2013, sa troisième réunion ordinaire de l’année 2013, dans les locaux du Siège de la BCEAO à Dakar, en République du Sénégal, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire.



Le
Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu, le mercredi 4 septembre 2013, sa
troisième réunion ordinaire de l’année 2013, dans les locaux du
Siège de la BCEAO à Dakar, en République du Sénégal, sous la
présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la
Banque Centrale, son Président statutaire.


Le
Comité a procédé à l’analyse de la situation économique et
monétaire récente de l’Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine (UEMOA), ainsi que des perspectives, à la lumière
notamment de l’évolution de la conjoncture internationale. En
particulier, il a évalué les facteurs de risque pouvant peser sur
la stabilité des prix et sur la croissance économique.


Au
titre de la conjoncture internationale, le Comité a relevé des
signes d’amélioration de l’activité

économique dans les pays industrialisés. Cependant, quelques
incertitudes continuent de peser sur la croissance mondiale, en
raison notamment de la situation macroéconomique dans les principaux
pays émergents.


Dans
l’Union

Economique et Monétaire Ouest Africaine,
les
dernières estimations situent le taux de progression du Produit
Intérieur Brut à 6,4% en volume en 2013. Les membres du Comité ont
souligné que des risques pèsent sur la réalisation du taux de
croissance de 7,3% prévu pour 2014. Ils ont, à cet égard, relevé
que l’un des principaux facteurs de risque est l’impact négatif du
ralentissement de la croissance dans les pays émergents sur les
cours mondiaux des produits de base exportés par les pays de
l’Union.


L’analyse
de l’évolution de l’inflation laisse apparaître
une
décélération plus marquée que prévu de la hausse du niveau
général des prix

dans l’Union. L
e
taux d’inflation, e
n
glissement annuel,
est
ressorti
à
1,7% à fin juin

2013 après

2,3% à fin mars 2013

et

2,8% à fin décembre 2012.
Ce
ralentissement résulte, pour l’essentiel, de la décrue

des prix des céréales locales ainsi que de la baisse des prix des
carburants dans certains pays à la faveur de la détente des cours
mondiaux du pétrole.

En
moyenne, les prévisions tablent sur un taux d’inflation de 1,9% pour
l’année 2013 contre 2,4% en 2012.


Les
projections d’inflation

à moyen terme demeurent en phase
avec
l’objectif
de stabilité des prix
poursuivi
au niveau de
l’Union
et
indiquent des risques inflationnistes globalement maîtrisés. A
l’horizon de 24 mois, le taux d’inflation ressortirait à 2,4% en
glissement annuel.


Le
Comité de Politique Monétaire a également noté une détente des
taux sur les

différents compartiments du marché monétaire au deuxième
trimestre 2013.
Ainsi,
le
taux
moyen pondéré des appels d’offres d’injection de liquidité à une
semaine et celui des opérations sur le compartiment à une semaine
du
marché
interbancaire

ont tous deux connu des baisses
de
vingt-trois (23) points de base d’un trimestre à l’autre.

La
même tendance a été observée sur le marché des bons et
obligations du Trésor.


Sur
la base de ces analyses, le Comité de Politique Monétaire a décidé
de
baisser
de 25 points de base les taux directeurs de la BCEAO.
Ainsi,
le taux minimum de soumission
aux
opérations d’appels d’offres d’injection de liquidités
passe
de 2,75% à 2,50% et le taux du guichet de prêt marginal est fixé à
3,50%, contre 3,75% précédemment. Cette décision prend effet à
compter du 16 septembre 2013. Elle
devrait
conforter le mouvement de baisse des taux débiteurs des banques et
améliorer les conditions de financement des économies.


Le
Comité a, en outre, décidé de laisser inchangé, à son niveau de
5% en vigueur depuis le 16 mars 2012, le coefficient des réserves
obligatoires applicable aux banques de l’Union.


Les
membres du Comité de Politique Monétaire exhortent les Etats
membres de l’Union à poursuivre la mise en œuvre des réformes
structurelles indispensables pour la réalisation d’une croissance
économique forte dans l’UEMOA. A cet égard, il importe de maintenir
les efforts d’assainissement des finances publiques et de
mobilisation des ressources pour le financement des investissements.
Ils ont, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’améliorer le
climat des affaires dans les Etats membres.


Fait
à Dakar, le 4 septembre 2013


Le
Président du Comité de Politique Monétaire


Tiémoko
Meyliet KONE