Musée de la Monnaie

Le Musée de la Monnaie de la BCEAO a été inauguré, le 13 mai 2002, par Son Excellence, Maître Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal.


A l’issue de sa visite, le Chef de l’Etat a consigné ses impressions sur le livre d’or de la Banque en ces termes : "Félicitations au Gouverneur de la BCEAO et à ses collaborateurs pour la réalisation de ce musée de la monnaie, notre mémoire dans ce domaine, agrémentée de monnaies du monde. Je souhaite que les Africains, même au-delà de notre espace monétaire, viennent visiter ce musée qui montre les différentes étapes de notre monnaie dans une aventure qui se poursuit. Donc, bravo à tous."

Le Musée de la Monnaie de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est un ensemble « qui rassemble, conserve et présente les témoins » (AILLOUD, Béatrice (1999), La fonction pédagogique du Musée, Mémoire de DESS, Université Pierre Mendès-France, Saint-Martin d’Hière, page 34) de notre évolution monétaire et économique.

Il a donc un triple objectif : « restituer le passé, affirmer le présent et se projeter sur l’avenir » (FAUBLEE, Elisabeth (1992), En sortant de l’école... Musées et Patrimoine, CNDP., Hachette, Paris, page 66). Nous invitons à cet effet le visiteur, qui « a choisi librement de sortir de ses activités quotidiennes pour pénétrer dans cet environnement symbolique » (RIEU, A.-M. (1988), Le Musée comme environnement complexe » in : Musées et collections publiques de France, n° 180, Paris, page 62), à trouver exposées les monnaies de l’espace UEMOA et du reste du monde, « leur histoire et leur présent » (RIEU, A.-M. , ibidem, 63).



Installé dans l’enceinte du Siège de la BCEAO à Dakar, le Musée de la Monnaie a été inauguré le 13 mai 2002 par son Excellence, Maître Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Monétaire et Economique Ouest africaine (UEMOA). La salle qui abrite les collections, aussi diverses que variées, est d’une rare somptuosité. Son plancher est, par endroit, orné de grands tapis fabriqués dans un des pays membres de l’Union. Cela en dit long sur l’ancrage culturel que la Banque Centrale a amorcé. Depuis 2002, une exposition permanente, montée suivant un circuit semi-directif et composée de trois (3) zones ou parties, capte le regard du visiteur.

Zone I. Le panel du milieu


1. Siège et effigies

Dans l’alcôve située en face de la porte d’entrée, se présentent sept mobiliers où design et qualité des matériaux se disputent la primauté. Là, sont exposées, sur le côté droit de l’alcôve, la photo du Siège de la Banque Centrale, un des fleurons de l’architecture de la sous-région, et en bas, disposées en demi-cercle, les effigies en or des six Chefs d’Etat de l’Union qui ont participé à l’inauguration du Siège de la Banque le 26 mai 1979, à l’issue de son transfert de Paris à Dakar.

Parmi ces Chefs d’Etat, cinq ont été rappelés à Dieu. Il s’agit, par ordre de décès de : S. E. feu Seyni KOUNTCHE du Niger, S. E. feu Félix HOUPHOUET-BOIGNY de la Côte-d’Ivoire, S. E. feu Léopold Sédar SENGHOR du Sénégal, S. E. feu Gnassingbè EYADEMA du Togo et de S. E. feu Sangoulé LAMIZANA du Burkina. Un seul est vivant : S. E Mathieu KEREKOU du Bénin.

En guise de devoir de mémoire, une photo de la Banque du Sénégal, créée en 1853 et qui était basée à Saint-Louis du Sénégal, est accrochée à gauche de celle de notre Institut d’Emission qui peut être considéré comme son légitime héritier.

2. Le réseau des agences principales de la BCEAO

De part et d’autre de la porte d’entrée, sont présentées les photos et médailles en or des huit (08) Agences Principales de la BCEAO. Cinq d’entre elles (5) ont été inaugurées en 1990 (les Agences Principales d’Abidjan, de Cotonou, de Ouagadougou, de Niamey et de Lomé), une en 1991 (l’Agence Principale de Dakar), une en 1994 (l’Agence Principale de la Bamako). Quant à l’Agence Principale de Bissau, elle est l’héritière de la Banque Nationale de Guinée Bissau créée en 1975.

Certains de ces chef-d’oeuvres architecturaux sont la résultante d’un mariage savamment « scellé » entre l’architecture de type soudanais et le canon hellénistique. C’est le cas des Agences Principales de Bamako et de Ouagadougou.

L’Agence Principale de Bamako est d’une originalité très frappante. Elle est le fruit du mixage entre l’architecture de type soudanais et l’architecture moderne. Il convient de préciser, ici, que, selon une première hypothèse, le style de type soudanais serait contemporain du pèlerinage de Kankan Moussa (1324 -1325) à la Mecque. Une seconde hypothèse, née des fouilles faites entre 1975 et 1981 à KUMBI SALEH (capitale de l’Empire du Ghana), fait repousser l’origine de ce type architectural à, au moins, le 9 ème siècle (Vallées du Niger, Paris, 1997, page 31) de notre ère.

En effet, « les formes et la volumétrie respectent les principes généraux de l’architecture soudanaise et sont basées sur des configurations géométriques » (BCEAO, Inauguration du nouvel immeuble de l’Agence Principale de Bamako, 11 avril 1994, P. 10). Quant à la façade de l’agence de Bamako, elle « est émaillée de carreaux, couleur terre. Le choix de cette couleur est guidé par le souci de préserver les murs de façades contre les dépôts de poussière. La couleur terre est rappelée par celle des vitrages en verre réfléchissant, ton or, permettant le filtrage d’une bonne partie de la chaleur extérieure » (Inauguration, ibidem, P. 10).

L’Agence Principale de Ouagadougou, de son côté, a essayé d’associer le style moderne à l’habitat traditionnel Gourounsi (Communauté vivant dans le Sud-Ouest du Burkina) au niveau de la tour, et au niveau de la galette, c’est plutôt l’architecture de type soudanais, rappelant les palais des chefs traditionnels du Sahel, qui est valorisée. Elle offre un véritable régal au visiteur.

D’autres, comme l’Agence Principale de Cotonou, ont intelligemment allié le canon architectural occidental et la tradition africaine qui est représentée par quatre lignes verticales composées chacune de treize (13) cauris. Cet édifice, qui couvre une superficie totale hors oeuvre de 17.120 m2, est constitué essentiellement « d’une tour de 17 niveaux à usage de bureaux et d’une galette la ceinturant et abritant les Services de Caisse et de la Comptabilité ainsi que trois (3) appartements » (Allocution de Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest à la cérémonie d’inauguration du nouvel immeuble de l’Agence Principale de Cotonou, 11 décembre 1990, P. 6). Baptisée « Essor économique du Bénin », ce joyau « symbolise l’espoir dans l’économie béninoise » (Allocution de Monsieur le Gouverneur, ibidem, P. 6). Le choix des matériaux en façade participe de la traduction des idées-force « de stabilité, de durabilité et de puissance chères à l’Institut d’émission » (Allocution de Monsieur le Gouverneur, idem, P. 6). Cet immeuble, qui culmine à 60 mètres du sol, est décoré par les « cauris, termes d’échanges des sociétés traditionnelles béninoises, stylisés et moulés apportant ainsi une touche africaine » (Allocution de Monsieur le Gouverneur , Op. Cit , P. 6) à l’ensemble. Il convient de préciser que les cauris, dont le nom vient du sanskript karpada ou karpadika transformé par les anglais en cowri, auraient été importés par les arabes des Iles Maldives. Ils symbolisent la fécondité dans bien de sociétés africaines.

Point n’est besoin de rappeler qu’ils furent considérés pendant une longue période comme monnaie de réciprocité, c’est-à-dire, en donnant des cauris à quelqu’un, on s’attend à recevoir, réciproquement, un présent en échange. Ensuite, ils sont devenus, avec l’avènement de l’esclavage, des moyens de paiement. Enfin, les cauris sont très présents dans les arts divinatoire, décoratif, capillaire, vestimentaire et architectural (crépissage des façades) en Afrique.

L’Agence Principale d’Abidjan est un véritable chef-d’oeuvre architectural où le pari architectural est tourné vers la modernité et le futur. Elle constitue, avec les Tours du Plateau, un ensemble architectural très harmonieux donnant à la ville d’Abidjan un visage très agréable à regarder.

L’Agence Principale de Dakar a épousé pour sa part, le nom du terrain qui l’a accueillie, le Triangle sud. Elle se présente sous forme « d’escalier avec un point fort, un départ, en harmonie avec la hauteur des immeubles qui bordent le rond-point du Boulevard Général de Gaule (CESAG et bulding communal). Ce point conduit graduellement vers le sommet de la pyramide » (Inauguration du nouvel immeuble de l’Agence de Dakar, 11 avril 1991, page 11). Elle symbolise « un diagramme de croissance économique » (Inauguration, ibidem, P. 12) traduisant ainsi son « rôle pour les Etats qui la composent, mais aussi, et surtout, sa fonction de banque des banques. La symétrie du diagramme économique est le développement social. Le tout se rencontre sur une colonne centrale représentant le bien-être de l’homme résultant des deux croissances » (Inauguration, idem, P. 12).

L’Agence Principale de Niamey constitue, avec la Tour El Nasser située derrière le Musée National du Niger, les plus hauts immeubles de la ville de Niamey. Le mur de clôture, décoré de motifs inspirés du poisson-scie (logo-type de la BCEAO) est un signe suffisamment révélateur de la vocation monétaire de cette institution.

Quant à l’Agence Principale de Lomé, les « décrochements de la Tour et leurs effilements verticaux illustrent les banques et établissements financiers autour de la Banque Centrale, représentée par le noyau central » (BCEAO (2005), L’Union, n°30, décembre 2005, P. 17).

Zone II. Les moyens de paiement en Afrique de l’Ouest


1. Les anciens moyens de paiement

Pour se remémorer le troc, une place importante a été faite aux anciens moyens de paiement qui se déclinent en denrées, métaux et poids à peser l’or. Le troc était abondamment pratiqué par les populations africaines depuis l’antiquité jusqu’au XIXème siècle. Dans le Sahel, par exemple, il a mis en relation les populations nomades du nord, fournisseuses de produits pastoraux et de cueillette (dattes, pains, sel, plumes d’autruche) et les populations agricoles du sud qui offraient les produits agricoles (mil, haricot, arachide, sorgho, etc.). Ces échanges ont engendré le commerce trans-saharien qui a été à l’origine du rayonnement de villes telles que Tichitt, Chingueti et Agadez (en Mauritanie et au Niger).
Les poids akan à peser l’or, créés au XIIIème siècle et qui ont subsisté juqu’au XIXème siècle, offrent un autre regard au visiteur. En effet, composés de poids non figuratifs (objets de forme géométrique), de poids figuratifs (objets anthropomorphe, zoomorphe, etc) et de poids dans la société (objets usuels sous formes de cuillère à café, de barrettes, de bagues, de boucles d’oreilles), les poids akans à peser l’or, savamment étudiés par le Pr NIANGORAN-BOUAH G. (NIANGORAN-BOUAH G. (1984), L’univers akan des poids à peser l’or, Paris, 3 volumes), rendent compte d’un système pondéral qui a joué très souvent, hormis sa fonction première de système pondéral, les fonctions d’alphabet, de proverbes, de dictons, de devises que les initiés akans (Les Akans sont sont un groupe communautaire subdivisé en plusieurs sous-groupes dont les Baoulés, les Ashantis, les Agnis, les Fantis, les Ebriés qui vivent dans le sud-Est de la Côte d’Ivoire, le Sud-Ouest du Ghana et le Sud du Togo) savaient bien décrypter.

Cette situation va évoluer avec la naissance du billet de banque et de la pièce de monnaie.

2. La naissance du billet de banque et de la pièce de monnaie

En guise d’information, il conviendrait de préciser que le Franc date du 14 ème Siècle. Il a été créé en 1360 par le Roi Jean II le Bon de France.

Cette partie de la visite guidée, qui va de la Banque du Sénégal à la BCEAO, présente, entre autres, un pan de son histoire. Elle expose en premier, sur des cimaises murales, les billets monophasés et monochromes émis par la Banque du Sénégal (créée en 1853) et mis en circulation à partir de 1855.

Pour illustrer le mandat de cette banque, notons que le billet de 500 F, type 1874 est imprimé en noir sur fond crème. Il porte, sur le bord droit, debout et drapée, une image de Mercure, dieu du commerce et des voyageurs, symbole de la fortune. Sur le bord gauche, toujours debout et drapée, trône Minerve, déesse de la sagesse. En haut, perchent deux perroquets dans des feuillages et, en bas, se reposent quatre angelots, symbolisant l’avenir et l’abondance.

Cette banque a émis quatre (4) coupures : 5 F, 25 F, 100 F et 500 F.

Ces billets, précurseurs des signes monétaires modernes vont, en 1901, céder la place aux billets bifaces et polychromes de la Banque de l’Afrique Occidentale (BAO). Cette institution a émis sept (7) coupures : 5 F, 10 F, 25 F, 50 F, 100 F, 500 F et 1.000 F. Les billets de la gamme 1901-1920 portent deux inscriptions : au recto, les inscriptions (valeur faciale, signature, numéro et millésime) sont faites en français et, au verso, elles sont faites en ajami (transcription d’une langue locale, ici le wolof, langue parlée au Sénégal, en caractères arabes).

Les billets de la gamme 1942 ressemblent au dollar américain. Ils ont été fabriqués à Philadelphie (aux Etats-Unis d’Amérique), notamment les coupures de 5 F, 100 F, 500 F et 1.000 F, et à l’imprimerie du Ruisseau en Algérie, en ce qui concerne celle de 50 F, à cause des évènements de 1939-1945.

La BAO verra aussi l’avènement du Franc des Colonies Françaises d’Afrique devenu plus tard Franc de la Communauté Financière Africaine : FCFA. A l’origine, la parité était de 1 F CFA = 1,70 franc français avant d’atteindre la forte côte de 1 FCFA = 2 Francs français en 1948. La gamme 1955 innove quant à elle à travers la dimension des billets mais aussi, et surtout, la qualité du rendu des couleurs et la diversification de la thématique où les sujets relatifs à la famille, à la guerre, à l’amour, à la beauté de la femme africaine et à la religion servent d’éléments iconographiques aux billets. Vers la fin du mandat de la BAO, les pièces de 5 F, de 10 et de 25 FCFA feront leur apparition, mettant en évidence la République coiffée de son bonnet phrygien.

Après plus de cinquante cinq ans d’activités (1901-1955), la BAO a été remplacée par l’Institut d’Emission de l’Afrique Occidentale Française et du Togo. Cet institut d’émission, né de la volonté de faire désormais battre monnaie par un établissement public a émis quatre (4) coupures : 50 F, 100 F, 500 F et 1.000 F. Tous ces billets sont aujourd’hui démonétisés.

Enfin, toutes les gammes émises par la BCEAO, de 1962 à nos jours, sont exposées. Il s’agit des billets de 50 F, 100 F, 500 F, 1.000 F, 2.500 F, 5.000 F et 10.000 F suivant quatre types : 1961/1962, 1976/1981, 1991/1994 et 2003.

Concernant la thématique, il conviendrait de mentionner qu’il a été développé, sur l’ensemble des billets, de 1855 à 2003, une gamme variée de thèmes qui ont trait à l’artisanat, à l’art, à la pêche, à la chasse, à l’agriculture, à l’école, à la santé, à la faune, à la flore, aux moyens de transport, au commerce, à la mythologie, à l’industrie, à la beauté féminine, à la famille, à l’amour, aux religions, à l’effort de guerre, aux grandes figures politiques, artistiques, aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), etc.

En dehors des billets de la zone UMOA, le Musée de la Monnaie de la BCEAO s’est enrichi de l’apport de l’ex Banque Centrale du Mali, de celui de la Banque Nationale de la Guinée Bissau et de la Banque Centrale de Guinée Bissau (BCGB) à la suite de l’adhésion de ce pays à l’Union en 1997.

Ouverte à toutes les banques centrales du monde, avec lesquelles elle échange des spécimens de billets, la BCEAO a consacré une zone aux monnaies du reste du monde.

Zone III. Les moyens de paiement dans le reste du monde


Ici, une place de premier plan a été faite aux partenaires de la Banque Centrale avec lesquels elle avait et a encore le franc en partage.

Il s’agit des pays de la Zone Franc, représentés par les billets émis par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), dont l’unité monétaire est le Franc CFA (Franc de la Coopération Financière en Afrique). Les thèmes developpés sur ces billets sont relatifs à la pêche traditionnelle, à la cueillette du coton, à l’élevage, à la beauté féminine, à l’aquaculture, etc.

Le Franc comorien prend le relais des coupures de la BEAC avec des billets de couleurs vives. Les thèmes développés sont un mélange de religion, de monuments religieux et d’activités économique, politique, culturelle et artisanale des Comores. Les billets exposés ont une double inscription : le français au recto et, au verso, l’arabe, ce qui dénote le bilinguisme de ce pays.

Puis, vient le Franc français, valorisant les portraits de Paul CEZANNE, Antoine de SAINT-EXUPERY, Gustave EIFFEL, Pierre et Marie CURIE, respectivement devenus célèbres dans l’art moderne, l’aviation, l’architecture et la science (la théorie de la radioactivité) avec ses coupures remplacées en 2002 par l’Euro.

Les sept (7) coupures de cette monnaie communautaire européenne sont présentées sur une cimaise. Les rectos, où les fenêtres constituent l’élément iconographique principal, symbolisent l’ouverture et les versos, ornés de ponts, traduisent les relations entre les civilisations au sein de l’Europe et avec le reste du monde (Entretien avec l’Adjoint au Directeur Commercial de la Banque de France le 22 février 2006 à l’occasion de la rencontre BCEAO – Banque de France). Une vitrine comportant les pièces euros vient compléter cet univers de la monnaie européenne.

Il est aussi exposé les billets de certains pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment l’Escudo du Cap-Vert, le Dalasi de la Gambie, le Naira du Nigeria, le Dollar du Liberia, le Franc guinéen de la Guinée Conakry, le Cedi du Ghana et le Leone de la Sierra-Leone.

Des monnaies de l’Afrique de l’Est, de l’Océan indien et du Maghreb (Algérie, Libye, Tunisie, Maroc) sont également exposées. C’est le cas du Shilling du Kenya, du Franc malgache devenu Ariary en 2003, du Dinar de la Libye, du Dinar de la Tunisie, du Dinar de l’Algérie, de la Livre de l’Egypte et de l’Ouguiya de la Mauritanie.

La BCEAO a également invité, à ce banquet des monnaies du monde, la Livre sterling, le Deutsche Mark, le Franc suisse, la Couronne slovaque, l’Euro, le Dollar américain, le Dollar canadien, le Dollar des Iles Fidji, le Dollar australien, le Real brésilien (photos des billets).

L’Asie n’est pas en reste dans ce concert du monde, puisque vous trouverez sur nos cimaises le Riyal saoudien, le Ringgit malais et le Yen du Japon.



Pour agrémenter l’ouie du visiteur, deux bornes audiviosuelles qui diffusent des films mettant en relief, d’une part, les graphismes et les thématiques des billets ayant été émis dans la zone et, d’autre part, le processus de fabrication. Le premier film, situé dans l’aile droite du Musée, est agrémenté en fond sonore, d’un cocktail de musiques extraites du folklore national de plusieurs Etats membres de l’UMOA. Le second, situé dans l’aile gauche de la salle, retrace les étapes de fabrication du billet de banque.

Dans cette zone, les barres de métaux, les flans et les coins, matériaux servant à la fabrication des pièces de monnaie sont aussi présentés. Toujours dans le processus de fabrication des signes monétaires, les différentes étapes de la fabrication des pièces de monnaie sont exposées dans des cimaises murales.

En fin de visite, le visiteur peut s’arrêter et contempler une barre d’or pur à 99% et pesant 12,75 kg. Cette barre est estimée à plusieurs dizaines de millions de francs CFA.

Rappelons que ce précieux métal, inaltérable, est prisé par l’homme depuis la fin de la Préhistoire, c’est-à-dire depuis l’invention de l’écriture par les Sumériens et les Akkadiens (Jean Pierre CALVET (1996) , Cours sur l’histoire de l’Ecriture, Université Senghor d’Alexandrie d’Egypte, 1996) en Mésopotamie entre 4000 et 3500 Avant Jésus – Christ. Il convient de noter enfin qu’au XIXème siècle, l’accumulation de l’or s’est poursuivie au point que ce précieux métal avait été élevé au rang d’étalon monétaire unique au niveau international. Mais, avec l’évolution de l’économie mondiale, l’or a été démonétisé au cours des années 1970. Toutefois, il garde tout son charme et son lustre dans l’âme populaire.