La demande de monnaie dans les pays de l’UEMOA, Sogué DIARISSO et Kossi TENOU

Résumé

La présente étude a pour objet de circonscrire l’incidence sur la demande de monnaie dans les pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (à l’exception de la Guinée-Bissau), de ses principaux déterminants présumés, à savoir notamment le revenu, le taux d’inflation et le taux d’intérêt.
Plusieurs modèles sont testés à cet effet. Le premier est une adaptation de celui proposé par Domowitz et Elbadawi dans le cas du Soudan. C’est un modèle à correction d’erreur, basé sur une équation de long terme dérivant de la théorie quantitative. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec la masse monétaire M2 pour le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo, et avec M1 pour les pays sahéliens (Burkina, Mali, Niger et Sénégal).
Les modèles généraux à correction d’erreur, fondés sur l’approche néoclassique, conduisent à des résultats relativement bons avec M2 au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo et avec M1 pour les trois autres pays de l’Union. Les modèles à correction d’erreur, fondés sur l’approche néolibérale, ne conduisent, dans aucun pays, à des résultats satisfaisants.
Les simulations effectuées pour l’année 1997 font ressortir des erreurs de prévision de moins de 5% pour tous les pays, à l’exception du Bénin et du Mali où les écarts de prévision fluctuent autour de 7%.
Les résultats globalement satisfaisants, ainsi obtenus, permettent d’envisager l’étude d’une demande de monnaie régionale.