Déclaration de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement, tenue à Lomé le 28 janvier 1999

Déclaration de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement sur le renforcement de la convergence et sur l’accélération de la croissance économique dans les Etats membres de l’Union


LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DE L’UEMOA,
REUNIE LE 28 JANVIER 1999 A LOME

- CONSTATANT les progrès accomplis dans la voie de l’assainissement du cadre macroéconomique, notamment en matière de finances publiques, et qui ont permis de maintenir la parité du franc CFA ;

- CONSCIENTE de la nécessité de poursuivre les efforts d’assainissement et de renforcer les résultats obtenus, notamment dans le nouveau contexte de l’arrimage du franc CFA à l’euro ;

- SOUCIEUSE de la nécessité de consolider l’intégration économique, dans la perspective d’une plus grande insertion des Etats membres dans l’économie mondiale marquée par la constitution de grands ensembles économiques.

DECIDE

de poursuivre activement la réalisation des grands équilibres macroéconomiques qui conditionnent une stabilité économique et monétaire renforcée ;
de parachever la réalisation du marché commun de l’Union et de mettre effectivement en Å“uvre des politiques sectorielles communes, en vue d’accélérer la mise en place des conditions de relance d’une croissance endogène et durable,

EN CONSEQUENCE

ARRETE LE PROGRAMME D’ACTIONS CI-APRES :

1. Au titre du renforcement de la convergence des politiques et performances macroéconomiques

la prise de mesures internes par les Etats, en vue de rendre plus efficace le dispositif de la surveillance multilatérale, en accordant la priorité à la collecte, à l’analyse et à la transmission des données statistiques ;
l’adoption et le respect par l’Union d’indicateurs de convergence pertinents, afin d’assurer la viabilité interne et externe des économies des Etats membres, à l’horizon 2002
l’adoption d’un programme de convergence des politiques macroéconomiques compatibles avec les exigences d’une intégration renforcée, notamment, en matière de production et d’échanges.

2. Au titre de l’accélération de la croissance économique

La mise en oeuvre, soutenue par les Etats, des actions nécessaires à l’accélération de la croissance, notamment par la promotion de l’investissement productif, et concernant prioritairement :

l’adoption de toutes les mesures requises pour faire de l’Union un véritable espace économique unifié où seront garantis, dans les meilleurs délais, les quatre (4) libertés fondamentales de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux et le droit d’établissement, dans un environnement libéralisé et concurrentiel ;
la mise en place effective d’une politique commerciale commune et d’un système communautaire d’informations commerciales ;

la poursuite et l’approfondissement de l’harmonisation de la fiscalité, du cadre réglementaire et juridique des affaires, en prenant en compte les acquis de l’OHADA ;
le renforcement du potentiel de compétitivité des économies de l’UEMOA, par un accroissement de la productivité et une meilleure maîtrise des coûts des facteurs de production.

Dans ce sens, sera réalisée la mise en oeuvre diligente de programmes d’actions communautaires prioritaires, en vue notamment :

au plan agricole :
d’accroître la production agricole en tirant le meilleur parti des potentialités des Etats membres, notamment en matière de production vivrière, l’accent devant être mis sur la maîtrise de l’eau ;

au plan industriel :
de réussir la restructuration des unités de production et de promouvoir un tissu industriel coordonné, mettant en valeur les productions locales, dans le cadre d’un marché élargi et concurrentiel ;

au plan énergétique :
de réaliser l’interconnexion des réseaux électriques des Etats membres, la promotion des énergies nouvelles et renouvelables et de sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers, liquides et gazeux ; l’objectif étant de réduire les coûts unitaires de production.

au plan de l’aménagement du territoire communautaire :
d’assurer le désenclavement des zones de production, en réalisant l’interconnexion des réseaux routiers nationaux ;
de favoriser le développement des marchés régionaux, par l’interconnexion des réseaux de télécommunication.

au plan de la valorisation des ressources humaines :
de mettre l’accent sur l’éducation, l’alphabétisation, la formation professionnelle continue, la création d’un observatoire communautaire de l’emploi, ainsi que sur les mesures permettant une plus grande insertion des femmes et un meilleur accès des populations aux soins de santé de qualité, par la promotion des médicaments essentiels et la mise en place d’un système d’informations sanitaires et de notification des épidémies entre les Etats.

3. Au titre du financement des réformes
Le financement de ce programme d’actions communautaires visant, d’une part, le renforcement de la convergence et, d’autre part, l’accélération de la croissance, nécessite la mobilisation d’importantes ressources intérieures et extérieures ainsi que la recherche d’investissements privés étrangers. A cette fin, l’Union élaborera un plan de financement à moyen et long termes.

D’ores et déjà, des efforts ont été engagés en vue de mobiliser les ressources intérieures, à travers, notamment, les interventions de la BOAD, du Marché Financier Régional, la mise en place des fonds structurels de l’Union, dénommés Fonds d’Aide à l’Intégration Régionale des Etats membres de l’UEMOA (F.A.I.R.), et l’assainissement des finances publiques en vue de dégager une épargne budgétaire plus élevée.

Toutefois, ces efforts internes risquent de se révéler insuffisants, en raison du fardeau que constitue encore le niveau de l’endettement extérieur qui, en dépit des programmes d’allégement dont bénéficient certains Etats de l’Union, pèse lourdement sur les perspectives d’investissement et de croissance.

C’est pourquoi, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UEMOA apprécie hautement le soutien permanent des partenaires au développement et leur lance un appel solennel en vue d’étendre à l’ensemble des pays africains, en général, et aux Etats membres de l’UEMOA, en particulier, l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés et de réduire, de façon significative, le stock global de leur dette.

En foi de quoi, ont apposé leur signature au bas de la présente Déclaration.

Lomé, le 28 janvier 1999

Pour 1a République du Bénin

M. ABDOULAYE BIO TCHANE
Ministre des Finances

Pour la République du Mali

S.E. ALPPHA OUMAR KONARE
Président de la République

Pour le Burkina Faso,

S.E. BLAISE COMPAORE
Président du Faso

Pour la République du Niger

S.E. IBRAHIM MAINASSARA BARE
Président de la République

Pour la République de Côte d’Ivoire

S.E. HENRI KONAN BEDIE
Président de la République

Pour la République du Sénégal

S.E. ABDOU DIOUF
Président de la République

Pour la République de Guinée-Bissau

S.E JOAO BERNADO VIEIRA
Président de la République

Pour la République Togolaise

S.E. Gnassingbe EYADEMA
Président de la République