Communiqué de presse de la réunion du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO tenue à Dakar le 1er septembre 2016

Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu, le jeudi 1er septembre 2016, sa troisième réunion ordinaire au titre de l’année 2016 dans les locaux du Siège de la BCEAO à Dakar en République du Sénégal, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire.


Le Comité a passé en revue les principales évolutions de la conjoncture économique au cours de la période récente ainsi que les facteurs de risque pouvant peser sur la stabilité des prix et la croissance économique de l’Union.
Sur le plan international, le Comité a noté que la reprise de l’activité économique mondiale s’est poursuivie à un rythme modéré au cours du deuxième trimestre 2016, avec une croissance moins forte que prévu dans la plupart des pays industrialisés et une légère amélioration dans certains pays émergents. Les cours mondiaux des principales matières premières, notamment celles exportées par les pays de l’UEMOA, se sont raffermis. Les hausses trimestrielles les plus importantes ont concerné les prix du baril de pétrole brut, du caoutchouc, de l’huile de palme, du café et de la noix de cajou.
Examinant la situation interne de l’Union, le Comité a relevé que l’évolution de l’activité économique s’est maintenue à un rythme soutenu. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Union, en glissement annuel, s’est situé à 7,2% contre 7,5% le trimestre précédent. La croissance économique de l’Union pour l’année 2016 est attendue à 7,1%, après 7,0% en 2015.
Le Comité de Politique Monétaire a noté que l’exécution des budgets des Etats membres de l’UEMOA, au cours des six premiers mois de l’année 2016, s’est soldée par un déficit global, base engagements, dons compris, de 678,1 milliards soit 2,3% du PIB, contre 879,8 milliards ou 3,4% du PIB, un an plus tôt. Cette atténuation du déficit budgétaire résulte d’un accroissement des recettes plus important que celui des dépenses. Cependant, les efforts de mobilisation des recettes fiscales et de rationalisation des dépenses publiques devraient être poursuivis afin d’imprimer au déficit budgétaire une orientation lui permettant de s’inscrire dans le respect de la norme communautaire de 3,0% du PIB à l’horizon 2019.
Analysant l’évolution des prix dans l’Union, le Comité a constaté que l’inflation dans l’UEMOA, en glissement annuel, a décéléré pour se situer à 0,5% à fin juin 2016 contre 0,8% à fin mars 2016, en liaison avec la baisse des prix à la pompe des carburants et le repli des prix des denrées alimentaires. A l’horizon de 24 mois, le taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 1,6%, en phase avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque Centrale.
S’agissant des conditions monétaires, elles se sont légèrement resserrées dans l’Union au cours du deuxième trimestre 2016. Sur le compartiment à une semaine du marché interbancaire, le taux moyen pondéré s’est établi à 4,08% contre 3,82% le trimestre précédent. Le taux moyen pondéré des opérations hebdomadaires d’injection de liquidités est ressorti à 3,46% contre 3,13% un trimestre plus tôt.

Au terme de ces analyses, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidités et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal, respectivement à 2,50% et 3,50%, niveaux en vigueur depuis le 16 septembre 2013. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure fixé à 5,0% depuis le 16 mars 2012.

Fait à Dakar, le 1er septembre 2016

Le Président du Comité de Politique Monétaire

Tiémoko Meyliet KONE