COMMUNIQUE DE PRESSE N°03/2015 DE LA REUNION DU COMITE DE POLITIQUE MONETAIRE DE LA BCEAO TENUE LE 9 SEPTEMBRE 2015 A DAKAR

COMMUNIQUE DE PRESSE N°03/2015 DE LA REUNION DU COMITE DE POLITIQUE MONETAIRE DE LA BCEAO TENUE LE 9 SEPTEMBRE 2015 A DAKAR


Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu, le mercredi 9 septembre 2015, sa troisième réunion ordinaire au titre de l’année 2015 dans les locaux du Siège de la BCEAO à Dakar en République du Sénégal, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet KONE, Gouverneur de la Banque Centrale, son Président statutaire.
Analysant la conjoncture économique, monétaire et financière au deuxième trimestre 2015, le Comité a relevé, au plan international, que l’économie mondiale demeure marquée par la faiblesse de la reprise de l’activité dans les pays avancés et une poursuite du ralentissement de la croissance des principaux pays émergents. Dans ce contexte, les prévisions macroéconomiques publiées par le Fonds Monétaire International (FMI), en juillet 2015, situent le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial à 3,3% en 2015 contre 3,4% en 2014. Le Comité a également relevé une évolution contrastée des cours mondiaux des matières premières au deuxième trimestre 2015. En particulier, il a noté que les cours mondiaux du pétrole brut, qui s’inscrivaient dans une tendance baissière depuis 2014, ont connu un léger redressement au deuxième trimestre 2015 avant d’enregistrer durant le mois d’août un repli, en liaison avec les craintes d’un ralentissement important de la croissance chinoise et de son impact sur l’économie mondiale. L’évolution des cours des matières premières exportées par l’Union a été marquée notamment par la hausse des prix du cacao, du coton, de la noix de cajou et du caoutchouc et le repli de ceux du café, de l’or ainsi que des huiles de palme et de palmiste.
Examinant la situation économique de l’Union, les membres du Comité ont relevé la progression du PIB au deuxième trimestre 2015, à un rythme de 6,9% après 6,0% au premier trimestre 2015, soutenue notamment par la vigueur du secteur secondaire et une bonne tenue des activités dans les secteurs primaire et tertiaire. Les perspectives pour le reste de l’année 2015 laissent entrevoir un renforcement de cette tendance. Dans ces conditions, le taux de croissance du PIB de l’Union est attendu à 6,7% en 2015 après 6,5% en 2014.
En ce qui concerne les prix à la consommation, le Comité a constaté une légère hausse du rythme de leur évolution. En glissement annuel, le taux d’inflation de l’Union est passé de 0,5% à fin mars à 1,5% à fin juin 2015, en raison notamment du renchérissement des produits alimentaires, consécutif à un recul de la production céréalière de la campagne 2014/2015 dans certains pays de l’Union. A l’horizon de 24 mois, le taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 2,1%, niveau compatible avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme poursuivi par la Banque Centrale.
Le Comité a noté que les conditions sur le marché monétaire sont demeurées quasi inchangées d’un trimestre à l’autre, avec un taux moyen pondéré des opérations hebdomadaires d’injection de liquidités ressorti à 2,56% à fin juin 2015. En revanche, le taux interbancaire à une semaine s’est inscrit en hausse pour s’établir à 4,08% au deuxième trimestre 2015 contre 3,53% le trimestre précédent.
Examinant la situation des finances publiques, le Comité a noté une détérioration du solde budgétaire base engagements, dons compris, des États membres de l’Union par rapport au niveau enregistré à la même période de l’année 2014. Ce creusement du déficit budgétaire est imputable à la fois à l’accroissement des dépenses courantes et à la hausse des investissements publics dans les infrastructures. Les membres du Comité de Politique Monétaire ont, à cet égard, recommandé aux Etats de poursuivre les efforts d’amélioration des recettes publiques et de rationalisation des dépenses.

A l’issue de ces analyses, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidités et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal, respectivement à 2,50% et 3,50%, niveaux en vigueur depuis le 16 septembre 2013. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure fixé à 5,0%, niveau en vigueur depuis le 16 mars 2012.

Fait à Dakar, le 9 septembre 2015

Le Président du Comité de Politique Monétaire

Tiémoko Meyliet KONE